Nous sommes à la rentrée, avec nos bons souvenirs de vacances, nos projets et nos objectifs personnels et familiaux pour la nouvelle année qui se présente. Nous avons aussi en mémoire les événements qui ont jalonné cet été, en particulier les Journées Mondiales de la Jeunesse, à Cracovie, et les Jeux Olympiques, à Rio, deux expressions positives de l'élan qui peut animer les nations autour d'un idéal commun: la foi ou le sport, deux expressions d'un dépassement de soi pour conduire l'humanité à donner le meilleur d'elle-même. Mais nous sommes également inquiets pour l'avenir du monde et de notre pays, à la suite des attentas des ces derniers mois, à Nice, en Allemagne ou en Turquie, et aux échos de la guerre qui continue d'ensanglanter la Syrie et d'autres régions du monde. Le plus choquant pour nous et nombre de nos concitoyens fut probablement l'assassinat du Père Jacques Hamel dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, le 26 juillet dernier.

Dans ce contexte, nous sommes en même temps animés par la foi et l'espérance que Dieu nous aime et qu'il est possible de construire un monde toujours plus beau et fraternel, mais aussi par la crainte de voir ces belles attentes anéanties par les forces du Mal qui s'agitent violemment dans ce monde. Écoutons à nouveau le formidable appel du saint pape Jean-Paul II au soir de son élection, le 16 octobre 1978: « N'ayez pas peur! ». Le pape François a, lui aussi, encouragé plusieurs fois les jeunes à devenir les protagonistes de l'Histoire en des termes que nous pouvons faire nôtres, quel que soit notre âge, car la jeunesse n'est pas tant une période de la vie mais un état d'esprit:

« Le temps qu'aujourd'hui nous vivons n'a pas besoin de jeunes-divans, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons. Cette époque n'accepte que des joueurs titulaires sur le terrain, il n'y a pas de place pour des réservistes. Le monde d'aujourd'hui vous demande d'être des protagonistes de l'Histoire, parce que la vie est belle à condition que nous voulions la vivre, à condition que nous voulions y laisser une empreinte. L'Histoire, aujourd'hui, nous demande de défendre notre dignité et de ne pas permettre que ce soient d'autres qui décident de notre avenir. Non! Nous devons décider de notre avenir, vous, de votre avenir! Le Seigneur, comme à la Pentecôte, veut réaliser l'un des plus grands miracles dont nous puissions faire l'expérience: faire en sorte que tes mains, mes mains, nos mains se transforment en signes de réconciliation, de communion, de création. Il veut tes mains pour continuer à construire le monde d'aujourd'hui. Il veut construire avec toi. Et toi, que réponds-tu? Que réponds-tu, toi? Oui ou non? »
Veillée au Campus Misericordiæ, le samedi 30 juillet 2016.
Don Camille, curé